Description d'un combat

Créée le 8 juillet 2009 au Festival d’Avignon

conception

Maguy Marin

en collaboration avec

Ulises Alvarez, Yoann Bourgeois, Peggy Grelat-Dupont, Sandra Iché,
Matthieu Perpoint, Agustina Sario, Jeanne Vallauri, Vania Vaneau
et Vincent Weber

textes

Homère, Victor Hugo, Charles Péguy, Lucrèce, Ezra Pound, H
einrich von Kleist, Élisabeth Ière d'Angleterre
et Dolores Ibárruri

musique

Denis Mariotte

lumières

Alexandre Béneteaud

costumes et mannequins

Montserrat Casanova assistée de Claudia Verdejo

son

Antoine Garry

éléments de décor

Louise Gros

dir. technique de la production

Alexandre Béneteaud

coproduction

Festival d’Avignon 2009
Théâtre de la Ville de Paris
MC2 de Grenoble
Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape/Cie Maguy Marin
Avec l’aide exceptionnelle de la Région Rhône-Alpes

Homme que tu es, corps scandant l’espace-temps,
si le temps qui t’est imparti te semble si bref,
et qu’une seconde t’en échappe, ta vie s’en est-elle pour autant envolée ?


Arrivé trop tard, alors trop tôt,
pour rien !
sous la lumière qui a déposé son ombre, d’un seul élan, pourtant tu te heurtes.
Te voilà pris au beau milieu de forces contraires,
luttant entre des circonstances à venir - forçant les anciennes à ne point s’ensevelir,
et des situations passées - poussant les prochaines à surgir.


Ainsi, tout enveloppé dans les vents favorables ou contraires,
ton présent est leur choc,
et ta résistance leur persistance (à l’un comme à l’autre, aidé par l’un comme par l’autre, selon)
à ne pas qu’ils s’étouffent ou s’annihilent.


Alors, au cœur de « ce mal de mer sur la terre ferme »,
par la bifurcation que ta présence interpose,
tu fais exister ce passé et ce futur qui ne cessent de finir ou commencer.


Et, inlassablement, tu cherches en ce lieu (ton lieu) - ce point de confluence de forces en lutte,
la distance nécessaire pour exercer une vision impartiale de ce qui se joue.

Va-t-il falloir s’élever par-dessus le front encore brûlant,
pour trouver, dans la diagonale frayée par ton affrontement, la position à tenir ?
L’emplacement pour tenir bon ta position de tiers – de témoins, de relais,
qui permettra de dégager en toute circonstance les tiraillements funestes qui se sont engagés,
laissant ainsi percevoir, pourtant pas très loin, un espace d’amitié.


Mais la lutte interminable et ombrageuse, te laissera-t-elle assez de souffle ?
Tant dévorante par sa persistance, elle ne cesse de t’éloigner de cette possible conciliation transmissible,
te laissant alors seulement imbriqué dans l’existence de cette césure des temps s’affrontant,
faisant de ton sol d’habitation un champ de bataille.


Alors, il s’agirait peut-être de ne pas chercher à combler la brèche,
mais plutôt de « savoir comment t’y mouvoir ? ».

Faire expériences et critiques,
dans cet ensemble de corps posés, allant et venant, en travers des temps.
Surgir par la vie, au milieu de ceux partis et de ceux pas encore là,
prenant la rafale du passé qui « n’est même pas passé »
comme un intervalle appelé à se peupler sans pour autant supprimer l’entre-deux.

Ne pas craindre de ne plus connaître le nom du « trésor » hérité
tant il n’avait pas prévu sa propre venue.


« - Tiens que se passe-t-il, te voilà tout courbé !
- Oui, mais sache que la courbure est probablement le chemin le plus court pour
atteindre ce qui semble inatteignable, peut-être même inattendu. »