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texte - 1
Le rire, voilà un mot qui pourrait nous fâcher.
Car nous voudrions de lui, qu’il nous allège.
Qu’il nous amène dans le surgissement d’une échappée, dans un ailleurs.
Echapper à quoi ?
Nous le voudrions salutaire et bienveillant, par son instantanéité et sa fugacité.
Nous le voudrions ainsi pour lutter contre nos faiblesses, nos appétits douteux, nos incompréhensions, nos mécanismes, mais aussi pour renforcer nos vies ou nos indispensables liaisons.
Le rire serait cette chose que nous voudrions partager, vivre et revivre ensemble, à côté ou pas très loin. Nous le voudrions pour faire diversion.
Nous divertir de quoi ?
Nous voudrions rire de nous, des autres.
Commencer comme ça avec le souffle dans nos commissures. Rire ensemble !
De tout, et tout le temps, car il le faut bien.
Il faut bien rire ! Nous avons tous des faiblesses, alors on pourrait rire d’elles …
On a bien le droit à la détente, à l’évasion, à la fuite.
Fuir quoi ?
Mais où s’est-on glissé dans le pli du rire ?
De quoi rions-nous vraiment, et avec qui ?
texte - 2 (rédigé à l'amorce du travail)
Entre un je suis qui peine à maintenir un nous sommes, lui-même aspiré par l’effondrement de l’expérience du singulier, se glisse un effet d’illusion qui substitue le fonctionnement de nos sensibilités propres comme condition de nos expériences, au conditionnement capable de faire éprouver un même pour tous.
Des uni-formes d’indifférences anéantissant tout ce qui fait de notre vie, une vie le rythme.
Cette scansion qui donne au même la possibilité d’être interrompu dans son uniformité.
Ce rythme dont nous avons besoin pour nous discerner, nous voir, nous re-connaître.
Ce rythme qui est aujourd’hui mal mené, nous donnant ainsi une drôle et très inquiétante vision, celle d’un vivre ensemble sans goût puisque sans nous. Ce sans personne qui nous pousse à ne plus sentir avec douceur le “s” des pluriels, ni même l’indétermination du on et nous contraint, dans la confusion des principes d’affirmation de soi - où le à chacun sa vérité bute devant le à chacun des perceptions - d’utiliser le on comme déterminé à tout savoir et obtenir.
Obtenir tout, tout de suite, sans plus rien attendre que …. la mort.
Face à cette misère du sensible, comment pourrions-nous rester insensibles à ce bouleversement ?
Comment pourrions-nous ne pas être traversés directement par cette dislocation, nous qui élaborons à partir de ce que nous avons de plus élémentaire, le corps ?
Comment ne pas être anéantis malgré cette nécessité à re-dire le sensible ?
Comment ne pas succomber à cette tristesse qui nous enveloppe ?
Essayant d’oublier la mort, il faudrait songer à ne pas oublier la vie !
Et de goûter avec jubilation sa propension à être !
Etre dans cette dérobée, dans ce temps qui ne pourra que nous échapper !
Ce présent à vivre, non pas dans la peur de mourir condamné au tout tout-de-suite pour ne pas perdre une miette du banquet, mais dans la joie que nous donne ce temps vivant par-dessus la mort !
Ce maintenant à maintenir comme une chose inouïe !
Ce chaque instant qui ne peut se vivre qu’une seule fois,
et par là, fuir entre nos doigts !
Et dès lors nous pousser - séparément et irrémédiablement ensemble - en son cœur, à ré-agir !
Vivre la fugacité de l’instant non pas avec la peur au ventre, mais avec ce qu’elle engendre forcément d’appropriation de prise sur chaque situation.
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